Lorsqu’il y a (enfin) du changement, il y en a toujours certains pour s’insurger. C’est ce qu’il se passe pour l’arrivée de Netflix au Festival de Cannes, qui met en rogne la Fédération nationale des cinémas français (FNCF).

Pas content. Pas content. Pas content.

Voici en exclusivité un extrait de la réaction de la Fédération nationale des cinémas français jeudi 13 avril lors de l’annonce de la sélection officielle du Festival de Cannes 2017 :

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Ce qui met en rogne les salles de cinéma françaises, c’est la double présence de Netflix en compétition – avec "Okja" de Bong Joon-Ho que la plateforme a produit et "The Meyerowitz Stories" de Noah Baumbach dont elle a acquis les droits de diffusion.

Pas de sortie en salles = pas d'œuvre cinématographique ?

La Fédération nationale des cinémas français regrette que le choix du festival de Cannes se soit fait "sans concertation" avec elle. Dans un communiqué, le FNCF s’inquiète de voir peut-être sortir en salles les films Netflix en même temps que leur mise en ligne sur Internet, allant ainsi contre "la réglementation en vigueur sur la chronologie des médias" en France. Netflix n’a encore jamais proposé de sortie simultanée sur sa plateforme et au cinéma – ce serait d'ailleurs aller complètement à l'encontre de sa stratégie –, mais Thierry Frémaux a laissé entendre qu’un "distributeur essaie de faire en sorte que 'Okja' sorte en salles". Alors c’est sans doute cette déclaration qui a inquiété le FNCF.

Mais ce n'est pas tout. Le communiqué poursuit : "Qu’en sera-t-il demain, si des films du Festival de Cannes ne sortaient pas en salles, remettant ainsi en cause leur nature d’œuvre cinématographique ?" Bon, là il serait peut-être tant d’enfin considérer comme de vraies "œuvres cinématographiques" les nombreux contenus originaux de qualité produits par la plateforme qui convainc désormais 94 millions d’abonnés.

"Netflix veut clairement la mort des salles"

Peu après la conférence de presse du festival de Cannes 2017, l’annonce de la sélection avait déjà fait réagir certains acteurs de l’industrie cinématographique français sur Twitter. Jean Labadie, distributeur du Pacte, affirmait que "Netflix veut clairement la mort des salles" et s’agitait à défendre le "spectacle vu ensemble contre le repli sur soi du vu à la télé". Quand à Vincent Maraval, à la tête du distributeur Wild Bunch, il évoquait la présence de Netflix en compétition comme de "l’accompagnement naturel de l’évolution du monde".

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