Les décors de "La Belle et la Bête", au cinéma mercredi 22 mars, vont donner une impression de déjà vu aux habitants des villages de Conques ou Riquewihr. Et pour cause, Disney a l’habitude de s’inspirer du patrimoine français pour ses concept arts.

Un palais aux airs de Taj Mahal pour le Sultan dans "Aladdin", les ruines du Maccu Picchu comme décor de "Kuzco, l’empereur mégalo"… Aussi imaginaires que soient ses contes, Disney s’est depuis toujours inspiré de monuments ou de lieux bien réels pour en imaginer les décors.

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Et au cours de leur histoire, les célèbres studios ont plusieurs fois pioché quelques idées dans le patrimoine de notre beau pays. C’est Stéphane Bern qui va être content de l’apprendre.

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"La Belle et la Bête", entre l’Alsace et le sud-ouest

Le village de Villeneuve – dans lequel habite l’héroïne de "La Belle et la Bête" – est fictif, mais il rend hommage à Gabrielle-Suzanne Barbot de Villeneuve, auteure française qui raconte pour la première fois à l’écrit ce conte classique dans "La jeune Américaine et les contes marins", en 1740. C'est pourquoi Disney s’est toujours attaché à cultiver les racines françaises de ce conte du milieu du XVIIIe siècle, dans son film d’animation de 1991 comme dans le live action de 2017.

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Disney

À la fin des années 1980, les animateurs des studios Disney visitent les villages alsaciens de Riquewihr et Ribeauvillé, et reproduisent les ruelles pavées et les maisons à colombages de ces cités médiévales pour créer le village de Villeneuve, dans lequel vivent Belle et Gaston. Vingt-cinq ans plus tard, l’agence de voyage de Disney, Adventures by Disney, s’apprête à lancer une croisière sur le thème de "La Belle et la Bête" qui propose une escale à Riquewihr en Alsace.

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Riquewihr, en Alsace.
Flickr alh1

Pour la version 2017 du conte avec Emma Watson en Belle et Dan Stevens en Bête, la chef décoratrice Sarah Greenwood a préféré s’inspirer de l’architecture de villages d’autres régions de France, en "apportant un soin particulier à souligner les origines françaises de l’histoire", précisent les notes de production du film. Les communes de Conques, Carennac, Sarlat dans le sud-ouest mais aussi Noyers sur Serein en Bourgogne ont ainsi permis d’imaginer un décor gigantesque d’inspiration française, monté de toutes pièces par plus de 1 000 personnes dans les studios de Shepperton, près de Londres, au Royaume-Uni.

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Le village de Conques, dans l'Aveyron.
Flickr Yannick Ledein
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Noyers sur Serein, en Bourgogne.
Flickr Anna & Michal
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Le décor du village de Villeneuve, en construction dans les studios de Shepperton, au Royaume-Uni.
Disney

"Raiponce" en Normandie

A priori, l’histoire de Raiponce, puisqu’écrite à l’origine par les frères Grimm, se passe plutôt en Allemagne. Et pourtant. Glen Keane, le directeur de l’animation du film de Disney sorti en 2010, n’avait qu’une idée en tête : imiter le style de la "peinture galante" de Fragonard, peintre français du XVIIIe siècle. Quant au château de la princesse aux cheveux blonds, Glen Keane avait là aussi une référence bien précise : "L’idée de Glen, c’était d’avoir un château de la Renaissance sur une île, qui rappelle le Mont-Saint-Michel, en Normandie", expliquait Laurent Ben-Mimoun, concept artist français pour Disney, au site Animated Views au moment de la sortie du film. La preuve en images.

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Le château de "Raiponce", 2010.
Disney
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Le Mont-Saint-Michel, en Normandie.
Flickr David Merrett

"Les Aristochats", "Le Bossu de Notre-Dame" et "Ratatouille"

Ensuite, il y a bien-sûr les références bien plus évidentes qui témoignent de l’attachement à la France. En 1970, "Les Artistochats" – le dernier film que Walt Disney himself aura approuvé avant sa mort – est le plus bel hommage aux toits de Paris (dans notre cœur d’enfant, en tout cas). Puis en 1996, les studios Disney s’inspirent librement du roman "Notre-Dame de Paris" de Victor Hugo pour "Le Bossu de Notre-Dame", qui n’est autre qu’une déclaration d’amour aux architectes de la cathédrale de Paris, il faut l’avouer.

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"Les Aristochats", 1970.
Disney
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"Le bossu de Notre-Dame", 1996.
Disney

En 2007, encore, les studios Pixar de Disney placent le centre de l’intrigue de "Ratatouille" dans la capitale française. Prenant soin de reproduire la Tour Eiffel (bien-sûr), le très chic restaurant la Tour d’Argent, devenu Gusteau dans le film, et même la vitrine de la mythique maison Aurouze, dératiseur installé au 8 rue des Halles à Paris depuis 1872.

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Remy, le petit rat de "Ratatouille" (2007), devant la vitrine d'un dératiseur.
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La vitrine du dératiseur Aurouze, 8 rue des Halles à Paris.
Facebook Maison Aurouze

En bref, Disney, c'est un peu ce copain de l'école primaire qui n'osait pas te dire qu'il t'aimait, alors il te laissait des petits messages un peu partout, dans son exposé ou dans ton casier.

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