Les deux plus gros producteurs d’Hollywood font équipe pour raconter au cinéma l’histoire vraie de Doaa al-Zamel, une réfugiée syrienne qui a survécu pendant plusieurs jours au milieu de la Méditerranée après un naufrage.

Quand Netflix avait choisi de mettre les projecteurs sur le travail acharné des Casques blancs de Syrie dans un documentaire – d’ailleurs récompensé aux Oscars 2017 –, Steven Spielberg et J.J. Abrams, eux, décident d’adapter au cinéma le voyage d’une jeune migrante de 19 ans entre la Syrie, l’Égypte et la Suède, Doaa al-Zamel.

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Les deux géants d’Hollywood Paramount Pictures et Amblin Partners – qui devraient cofinancer et produire le long-métrage d'après The Wrap – ont acheté les droits d’adaptation du livre "A hope more powerful than the sea", de Melissa Fleming, responsable de la communication du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR). Car oui, le périple poignant de Dooa al-Zamel a déjà fait l’objet d’un livre sorti début 2017, "révélateur de la situation de millions de voix jamais entendues de réfugiés qui risquent tout dans une quête désespérée de la promesse d’un futur plus sûr", écrit l’éditeur.

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Flatiron Books

Victime parmi des millions d’autres de la crise humanitaire la plus urgente de notre époque, Dooa al-Zamel a d’abord quitté la Syrie pour l’Égypte avec sa famille en 2011, après que l’armée a pris le contrôle de sa ville de naissance, proche de la frontière jordanienne. Mais à peine quelques mois plus tard, le gouvernement égyptien était renversé, mettant en danger le sort des réfugiés politiques. À 19 ans, et fiancée à un combattant de l’opposition prénommé Bassem, Dooa décide de fuir l’Égypte pour l’Italie, paie des passeurs et embarque à bord d’un bateau chargé de plus de 400 personnes.

Une dizaine de survivants

Mais le 10 septembre 2014, après quatre jours en pleine mer, les migrants "ont refusé de passer sur une embarcation qui leur semblait trop frêle" alors "les passeurs ont embouti leur bateau" avant de les regarder couler, raconte une dépêche de l’AFP publiée après le drame. Quatre jours après le naufrage, les secours n’ont retrouvé qu’une dizaine de survivants, parmi lesquels Dooa al-Zamel… mais pas son fiancé, mort sous ses yeux. Dooa al-Zamel a tenu le coup, sauvant aussi la vie de deux bébés – Masa, 18 mois, et Malak, 9 mois – déposés dans ses bras par des naufragés avant qu'ils se noient, trop épuisés.

"Peut-être les gens ne savent pas qui nous sommes c’est pour ça qu’on est si incompris"

Le 28 janvier dernier, Dooa al-Zamel, qui vit désormais avec sa famille en Suède, écrivait pour The Daily Beast : "J’ai entendu aux informations que certaines personnes ne veulent pas de réfugiés dans leur pays, surtout ceux qui viennent de Syrie. Nous sommes vus comme un risque pour leur sécurité, comme des terroristes. Nous laissons derrière nous tout ce que nous avons et aimons parce qu’on n’a pas d’autre option. Je crois que peut-être les gens ne savent pas qui nous sommes, c’est pour ça qu’on est si incompris".

Après un film à gros budget produit à Hollywood, "les gens" ne pourront plus dire qu’ils ne savaient pas.

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