La justice russe a décidé, vendredi, de bloquer la messagerie Telegram. Les responsables de l'application avaient refusé de donner les clés de cryptage de leurs utilisateurs aux services spéciaux russes.

Un tribunal de Moscou a ordonné vendredi 13 avril le blocage de la messagerie Telegram en Russie. Il accuse les représentants de l’application d’avoir refusé de fournir aux services spéciaux (FSB) les clés permettant de lire les messages de ses utilisateurs.

VOIR AUSSI : Le fondateur de Telegram affirme que le gouvernement américain a essayé de le soudoyer

L'agence de régulation Roskomnadzor, qui avait saisi la justice, avait prévenu jeudi que la décision serait mise en application "immédiatement" une fois la décision rendue. Elle avait donné quinze jours à Telegram pour fournir ses clés de cryptage.

L'audience a eu lieu en l'absence de représentants de la messagerie, qui avaient expliqué ne pas vouloir participer à une "farce". "Les informations diffusées par Telegram peuvent contenir des données utilisées par des organisations terroristes et extrémistes", a déclaré à l'audience une représentante de Roskomnadzor, affirmant que cela constituait "une menace pour la fédération de Russie".

Telegram dénonce une "guerre contre le progrès"

L'avocat de la messagerie, Pavel Tchikov, a dénoncé vendredi une décision qui "démontre une nouvelle fois que la justice sert fidèlement les intérêts du pouvoir, sans se préoccuper de préserver un semblant d'apparence". Ce jugement "rapproche la Russie de pays où la haine triomphe, où l'on coupe des têtes et on fait la guerre contre le progrès et la liberté", a-t-il ajouté sur son compte Telegram.

"La justice sert fidèlement les intérêts du pouvoir"

L'avocat de la messagerie, Pavel Tchikov, a dénoncé vendredi une décision qui "démontre une nouvelle fois que la justice sert fidèlement les intérêts du pouvoir, sans se préoccuper de préserver un semblant d'apparence". Ce jugement "rapproche la Russie de pays où la haine triomphe, où l'on coupe des têtes et on fait la guerre contre le progrès et la liberté", a-t-il ajouté sur son compte Telegram.

L'application aux 200 millions d'utilisateurs dans le monde est connue pour offrir une confidentialité élevée et se trouve engagée dans un bras de fer depuis plusieurs mois avec les autorités russes, qui exercent une pression croissante sur Internet ces dernières années.

La messagerie avait auparavant expliqué que les exigences des autorités étaient "inapplicables" du point de vue technique, en raison justement du système très complexe de cryptage, selon lequel la messagerie n'a elle-même pas accès à certaines communications.

Avec Reuters

Quelque chose à ajouter ? Dites-le en commentaire.